Isoland concept : l'isolation mince made in Normandy
En soi, le concept de l'isolant mince n'est pas une nouveauté. D'ailleurs, le marché en pleine expansion, conjugué à des volumes importants, explique qu'une grande majorité des produits disponibles sur le marché soit originaire de Chine. C'est pourtant dans ce contexte de concurrence tendue que deux frères, Denis et Olivier Lambert, ont décidé de créer leur entreprise de fabrication d'isolant mince...
Voilà déjà 5 ans qu'ils sont installés au Vieil-Evreux. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que leur petite entreprise ne connaît pas la crise. Eux, ce sont Denis et Olivier Lambert, co-fondateurs de l'entreprise Isoland Concept. Deux frères qui, face aux succès rencontrés par leurs produits, envisagent même de déménager pour se rapprocher de la zone du Long-Buisson sur la commune voisine d'Evreux afin d'y trouver des locaux (1 200 m²) mieux adaptés à l'activité de production et de stockage.
« Nous nous sommes interrogés sur les isolants mince lors d'un chantier familial. Face à la profusion de matériaux, dont certains ne portaient pas mention des composants, d'autres ne spécifiant pas le caractère allergène de ces derniers lorsqu'ils y figuraient, nous nous sommes dits qu'il y avait quelque chose à faire », explique Olivier Lambert. Après une phase d'hésitation, des contacts sont noués avec des entreprises. « Toutes françaises ! », insiste notre interlocuteur.
Pour la réalisation de leurs isolants minces, les deux frères se procurent une machine d'un autre temps, parfaitement adaptée à leurs besoins, mais sollicitant de manière excessive le physique des opérateurs. « Il s'agit d'une presse qui assemble entre elles les différentes couches d'isolants. Mais dès lors qu'un rouleau est terminé, il faut tout arrêter pour couper la dernière longueur et recharger le rouleau suivant », explique Denis Lambert. Mais cela a fait l'affaire, notamment le temps de s'assurer de la viabilité de leur entreprise et de dégager une capacité d'investissement.
Après 3 années d'activité, Isoland Concept franchit un nouveau cap. « Nous avons fait l'acquisition d'une machine, automatisée à 80 % et développée spécifiquement pour nous ». Coût de l'opération : 300 000 €. Quasi instantanément, l'entreprise gagne en capacité de production, mais aussi en qualité. En revanche le choix des fournisseurs ne change pas et se trouve rapidement plébiscité. « Jusque dans les Alpes et en Corse », nous assure-t-on.
Olivier et Denis Lambert« Nous utilisons de l'ouate issue du recyclage des bouchons et bouteilles plastique, à l'image des textiles polaires, avec des couches de lin, produit en Normandie, mais aussi de la laine de mouton en fonction du degré de finition et de l'efficacité thermique recherchée », détaille Olivier Lambert. Le tout est ensuite savamment recouvert par un film réflecteur. Au final, l'entreprise garantit un gain de place, notamment lors de chantiers de rénovation ou d'aménagement de combles, isolation... et à des prix raisonnables. « Il faut compter environ 1 500 € de fourniture si vous voulez isoler vous-même votre maison », s'accordent à dire Olivier et Denis Lambert.
Car l'autre spécificité de l'entreprise, c'est d'avoir développé un système de commande et de réalisation de devis en ligne. Un débouché qui représente une véritable alternative aux succursales commerciales. « Nous gérons actuellement 8 millions d'euros par an de devis qui deviennent des commandes dans 35 % des cas ». Une demande et un succès qui font que Isoland Concept vient de commander auprès de la société régionale Web & Solutions un nouveau site Internet sur lequel elle va investir 70 000 €.
Jacques-Olivier Gasly
Diagnostic de Performance énergétique
A partir du 1er janvier prochain, la performance énergétique devra figurer sur toutes les petites annonces immobilières de vente ou de location de maisons et d'appartements anciens, diffusées dans les journaux, les sites Internet ou encore dans les vitrines des agences.
Le DPE, c'est quoi ?
La nouveauté réside dans l'affichage, car la réalisation d'un DPE est obligatoire à la vente depuis 1er novembre 2006 et à la mise en location depuis le 1er juillet 2007.
Concrètement, comme pour l'électroménager et l'automobile, une étiquette « énergie » note les logements pour leur performance énergétique de A, pour les plus économes (consommation en énergie inférieure à 50 kWh/ m2/an), à G pour les plus énergivores (consommation de plus de 450 kWh/m2/an). La moyenne actuelle du parc immobilier français se situant plutôt autour de 240 kWh/m² par an (classe E) *.
Un impact sur le prix du logement ?
Dès 2011, acquéreurs et locataires pourront se décider en toute connaissance de cause. Reste à savoir si celle nouvelle obligation modifiera leur comportement, en entraînant par exemple une décote des habitations mal isolées ? Sur des marchés tendus comme à Paris où la pénurie de logement est sensible, cela semble peu probable. En revanche, gageons que dans des zones moins concurrentielles, la facture d'énergie fournira un argument supplémentaire à l'acheteur ou au locataire pour négocier les prix à la baisse. On évalue, en effet, à 300 euros par an et par pièce principale l'écart de consommation entre un logement de classe A et un autre de classe G.
La possibilité de faire annuler la vente
En cas de non respect de l'obligation d'étiquetage du DPE dans une annonce de vente ou de location, Benoist Apparu a indiqué qu'il serait possible de faire annuler le contrat de vente ou le bail par la suite. Idem si la classe énergétique affichée n'était pas la bonne. « Nous avons là les éléments constitutifs du dol, qui en droit civil est un vice qui affecte le contrat, et le rend nul », a déclaré le ministre. Sur le plan pénal, une amende de 37 500 euros et jusqu'à deux ans de prison seront prévus dans les textes.
Gamme d'isolant mince controlé pour une isolation DPE : Trisolin 12 ® ou ouate de cellulose.
Info presse Isoland le courrier.
Soupçonnant des ententes anti-concurrentielles chez des acteurs majeurs du marché, l'Autorité de la concurrence a effectué plusieurs perquisitions au sein d'entreprises du secteur de l'isolation.
L'Autorité de la concurrence a confirmé hier avoir procédé à plusieurs perquisitions dans le secteur de l'isolation, sans pour autant préciser les entreprises concernées."Les enquêteurs ont effectué des descentes il y a quelques jours sur plusieurs sites du géant européen Isover, filiale de Saint-Gobain, dans les bureaux du Syndicat des fabricants d'isolants en laines minérales manufacturées (Filmm), chez Afnor et au CSTB", notait mercredi le journal Les Echos, sans préciser ses sources.
En constante progression depuis plusieurs années, l'isolation est un marché juteux qui représente 1,4 milliards d'euros, dont plus de la moitié (55%) revient aux laines minérales. Selon Les Echos, l'Autorité de la concurrence (anciennement DGCCRF) veut savoir "si les industriels de la laine de verre et les organismes normatifs et certificateurs du bâtiment n'auraient pas organisé une entente visant à empêcher toute nouvelle technique d'isolation" .
En effet, de nouveaux acteurs sont apparus récemment sur le marché, proposant des produits plus minces et selon certains plus performants : les PMR, pour produits minces réfléchissants, également appelés isolants minces. Fin avril, Jean-Michel Bonnet, président de l'Association de promotion des produits minces réfléchissants nous confiait que déjà "à l'époque [de la création de l'association], il y avait des polémiques entre les industriels et le CSTB sur la méthode et la mesure des procédures d'évaluation" .
Enquête à la demande d'Actis ?
Toujours selon Les Echos, cette entente supposée aurait pour but d'empêcher de nouveaux acteurs de participer aux appels d'offres dans le cadre des objectifs fixés par le Grenelle de l'environnement. Le marché de l'isolation connaît en effet un boom depuis que le gouvernement, avec le Grenelle de l'environnement, a lancé un chantier sans précédent de rénovation thermique des bâtiments existants.
"En tant qu'acteurs de l'isolation, nous avons été entendus" a confirmé une porte-parole de Saint-Gobain. Mais l'enquête porte sur "des questions de normes", qui ne concernent pas directement Saint-Gobain, a-t-elle précisé, ajoutant que l'enquête de l'Autorité de la concurrence "[faisait] suite à une demande du fabricant d'isolants minces Actis", qui pour sa part n'a pas souhaité réagir. De leurs côtés, l'Afnor, qui attribue notamment la marque NF, et le CSTB, n'ont pas non plus souhaité commenter ces informations.
Laurent Perrin (sources Les Echo, AFP)
La technologie au service de l'isolation Présent sur le marché de l'isolation des bâtiments depuis 1980, la société française ACTIS est le leader européen des isolants minces multicouches réflecteurs. Plus minces, mais tout aussi performants que les isolants épais classiques, ces matériaux attendent la reconnaissance qu'ils méritent.
Pour Laurent Thierry, PDG d'ACTIS, les isolants sont une des réponses efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Explications.
Commerce International : Que sont les isolants minces multicouches réflecteurs ?
Laurent Thierry : « Contrairement aux isolants épais classiques, dont l'efficacité est généralement proportionnelle à l'épaisseur, les isolants minces multicouches réflecteurs sont des complexes techniques de faible épaisseur (max. 30 mm), composés d'un assemblage de films réflecteurs et de séparateurs associés (ouates, mousses, etc.). Ils permettent de conserver la chaleur à l'intérieur en hiver et de rejeter la chaleur vers l'extérieur en été. »
C.I. : Quelle est leur importance sur le marché de l'isolation et comment la société ACTIS se positionne-t-elle sur ce marché ?
L. T. : « Ces isolants représentent aujourd'hui 15 % du marché de l'isolation en France et 5 % en Europe, sachant qu'ACTIS réalise la majeure part de son activité à l'export. Nous sommes leader sur ce marché, puisque l'entreprise détient 65 % des parts de marché en Europe. Si la société a plusieurs compétiteurs dans le circuit des grandes surfaces de bricolage, elle est leader dans le circuit des négociants de matériaux, avec plus de 80 % de parts de marché. Nos produits sont en effet destinés, avant tout, aux professionnels. »
C.I. : À quel usage vos produits sont-ils destinés ?
L.T. : « Ils sont utilisés, pour le moment, presque exclusivement en rénovation de maisons individuelles. En effet, il n'existe pas encore de norme reflétant la performance thermique réelle de nos produits, car les outils de mesure actuellement utilisés se basent essentiellement sur des caractéristiques liées à l'épaisseur des isolants et ne prennent pas en compte le fonctionnement spécifique de nos produits. Les isolants minces, du fait de cette absence de norme, ne sont donc pas encore utilisés pour l'isolation de bâtiments neufs ou publics. »
C.I. : Est-il prévu de créer une norme européenne pour les isolants minces multicouches réflecteurs ?
L. T. : « Ces produits sont encore peu reconnus, mais la situation va s'améliorer. Nous avons sollicité la Commission européenne pour faire reconnaître le caractère innovant de ces produits et faire créer une norme d'évaluation de leur performance thermique qui soit adaptée à leurs spécificités. L'épaisseur est, en effet, à ce jour, le seul élément pris en compte dans l'efficacité d'un isolant, car les seuls isolants existant jusqu'à présent étaient les isolants épais tels que les laines de verre ou de roche. Ce que nous souhaitons, c'est que soit mise en place une norme permettant d'évaluer en situation réelle la performance thermique des isolants. »
C.I. : Comment pouvez-vous comparer la performance de vos isolants minces par rapport aux isolants classiques ?
L. T. : « Nous avons déjà expérimenté nos produits dans des bâtiments témoins situés en Grande-Bretagne, en Allemagne et en France afin de mesurer leur efficacité dans des conditions climatiques très variées (climats tempéré, océanique et continental). Dans chacun des pays concernés, nous avons équipé des bâtiments identiques, exposés de la même façon, avec deux solutions d'isolation différentes : un isolant mince multicouche réflecteur et une laine de verre de 200 mm. Nous avons mesuré de manière comparative la consommation énergétique nécessaire pour maintenir une tem-pérature identique et constante dans chacun de ces bâtiments. Or, en conditions réelles d'utilisation, il apparaît que nos isolants minces sont au moins aussi efficaces que 200%u2008mm de laine de verre. Par ailleurs, le SFIRMM, le syndicat français de fabricants d'isolants minces multicouches réflecteurs, auquel nous appartenons, a réalisé des tests avec un bâtiment non isolé et constaté qu'un bâtiment équipé d'un isolant mince permet plus de 75 % d'économies d'énergie par rapport à un bâtiment dépourvu d'isolation. »
C.I. : Vos isolants minces jouent donc un rôle dans la lutte et le contrôle des émissions de gaz à effet de serre...
L. T. : « 40 à 45 % des gaz à effet de serre produits sur Terre sont dus à une mauvaise isolation des bâtiments. Bien isoler un bâtiment permet de réduire de 75 à 80 % l'émission de ces gaz à effet de serre. C'est bon pour la planète et aussi pour le portefeuille du consommateur puisque la facture énergétique est ainsi réduite de 70 % au minimum. »
C.I. : Quelles sont vos ambitions pour l'avenir ?
L. T. : « Nous espérons obtenir une norme européenne pour nos produits. Cela nous permettra notamment d'accélérer notre développement à l'export. Aujourd'hui, la demande en matériaux d'isolation est très forte en Europe de l'Est et en Scandinavie mais l'absence de normalisation européenne entrave leur développement. Nous souhaitons aussi élargir notre zone de couverture géographique aux 27 États membres de l'Union européenne, voire en dehors. »
C.I. : La recherche et développement est-elle une priorité pour ACTIS ?
L. T. : « Nous consacrons environ 5 % de notre chiffre d'affaires à la recherche et développement, qu'il s'agisse de recherche fondamentale sur les transferts thermiques, de recherche appliquée concernant le développement de nouveaux produits permettant de faciliter le travail des professionnels ou de recherche prospective sur les isolants du futur. »
C.I. : Précisément, comment imaginez-vous le futur de l'isolation ?
L. T. : « Les isolants seront performants et complexes mais faciles à installer. Les professionnels qui posent les matériaux isolants recherchent avant tout la simplicité de pose mais veulent que leur soient proposés des produits technologiquement élaborés. L'isolant aura peut-être le même destin que le téléphone portable en devenant de plus en plus mince et de plus en plus performant. C'est du moins ce que nous souhaitons et nous travaillons dans ce sens. »
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